samedi 27 août 2011

Projet social dans une favela de Rio de Janeiro


Tout a commencé en 2005, lors de l’année du Brésil en France. Grâce à une donation de la Fédération française des échecs, nous avons mis en place un projet ayant pour objectif de divulguer le jeu d’échecs auprès des populations défavorisées de Rio de Janeiro, et principalement de ses enfants. C’est à « Campo Grande » que nous sommes actifs, un « bairro » (quartier-arrondissement) de plus de 650000 habitants loin du centre de la ville (environ 50 kilomètres), de ses plages ou de son Christ Rédempteur.

Carobinha est située à environ 45 kilomètes du centre de Rio
Au début de cette année, nous avons conclu un accord avec Olivia Maria Mello, directrice de l’école municipale Professor Fabio Cesar Pacifico, afin de faire connaître le jeu d’échecs directement auprès de ses élèves (de 4 à 12 ans).

Centre sportif de l'école Professor Fabio Cesar Pacifico
Cette école est située en plein milieu de Carobinha, une des favelas réputées les plus dangereuses de la zone ouest de Rio. Comme dans tout endroit insalubre, une milice illégale y est active afin d’assurer la sécurité des habitants. Cette milice se fait rétribuer chèrement ses services, et travaille main dans la main avec la police, corrompue, qui ainsi reçoit également une part du butin. Malgré tout, c’est souvent un moindre mal : la situation s’est quelque peu pacifiée, et les fusillades qui empoisonnent la vie de la population se font bien moins fréquentes.

Les Eglises évangéliques comptent de plus en plus d'adeptes à Rio:
en voici une juste en face de l'école
Le drame ne connaît aucun répit, hélas, au sein même des familles. Beaucoup de parents sont drogués, et n’ont pas la maturité pour élever leurs enfants. Le schéma d’une famille type est ici le suivant : une mère, seule, avec plusieurs enfants, conçus précocement, de pères différents. Ces pères étant souvent au chômage, ils n’ont pas la possibilité de verser la moindre pension. La seule bouée de sauvetage est l’école.

Les élèves portent l'uniforme pour aller à l'école à Rio
La responsabilité d’Olivia Maria Mello dépasse largement celle d’une directrice… Quand un enfant est trop malade pour aller à l’école, les parents l’emmènent… à l’école ! En effet, l’école fait office de centre d’éducation et de santé. Plusieurs fois par mois, on peut y prendre rendez-vous avec un dentiste, une assistante sociale ou un psychiatre.

Le drapeau brésilien flotte dans le hall de l'école
L’école Municipale Fabio Cesar Pacifico et ses 1000 élèves est bénéficiaire du projet Mais Educação (« Plus d’Education »). Comme dans nos ZEP, il s’agit d’aider les écoles des quartiers en difficulté. Cette aide permet de créer des infrastructures, d’acheter du matériel et de rétribuer des animateurs d’ateliers. Dans le système scolaire brésilien, les enfants ne fréquentent l’école que la matinée ou l’après-midi (eh oui, s’ils le souhaitent, les enfants de Rio peuvent aller à l’école, tout en faisant, tous les jours, la grâce matinée ! Le rêve !). Cela veut dire qu’ils sont libres l’autre moitié de la journée. Grâce aux ateliers subventionnés par l’état ces enfants ne sont dont pas abandonnés à leur sort.

Malheureusement, l’aide financière est modeste : un animateur d’atelier reçoit 60 reais (moins de 30€) par mois pour animer un atelier d’une heure trente par semaine. J’invite (enfin, c’est une façon de parler) ceux qui croient que 30€ dans un pays comme le Brésil est beaucoup, à venir passer une semaine ici… Logiquement, dès qu’un animateur trouve un « vrai » travail, il quitte du jour au lendemain son poste d’animateur d’atelier.

Symbole des écoles municipales de Rio
L’école est nouvelle, elle a été créée en 2002. Les infrastructures y sont excellentes. Olivia Maria Mello nous a confiés que ses propres enfants qui, naguère, fréquentaient une école privée, n’avaient pas bénéficié des mêmes avantages. On trouve ici un auditorium de plus de 200 places, une salle de danse, un centre sportif et une salle informatique. Les ateliers de football et de hip-hop sont les plus populaires. Pour l’instant, aucun atelier d’échecs n’est proposé. Néanmoins, il y avait déjà tout le matériel d’échecs présent sur place : des dizaines de boîtes avec échiquiers et pièces à l’intérieur.

De belles salles et du matériel disponible permettent aux élèves
de réfléchir dans de bonnes conditions
Il y a donc plusieurs aspects positifs à signaler. Mais la situation reste toujours extrêmement tendue, comme vous pouvez le constater à la fin de notre reportage…

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